La Restanque

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Je ne suis plus l’Antéros que tu as connu. L’autre Antéros, celui de l’Olympe, est mort pour ne pas avoir pu trouver son apothéose. Je ne jouerai plus. Je ne serai plus l’adolescent que tu as connu. Adulte, je doute de tout. J’ai appris à mes dépens que rien n’est sûr, quelle que soit la puissance de ses sentiments. À trop l’avoir voulu, à trop l’avoir cru, me suis-je leurré ? Aurais-je dû comprendre que ce qui n’est que vraisemblable est souvent faux ?

Je ne porterai plus ce surnom d’Antéros que tu m’avais donné pour t’amuser de moi. Mais quelle importance dans le monde sans mémoire où tu t’es perdue ?

9 nouvelles

Antéros

Le libre choix des rêves

La concierge n’est plus dans l’escalier

Le fou du port

La petite fille du parc Montsouris

Le bon sens

Le légionnaire kabyle

La chute

La femme du rat


Discipline :   nouvelles     Parution :  octobre 2019

Format : 120x190 mm     Nombre de pages : 274

ISBN:   978-2-312-06895-4

Aperçu


––––-–-RETOUR––––––-

Antéros

Je t’avais soulevée dans mes bras. Tu n’étais pas lourde. J’avais valsé en disant que j’avais gagné le gros lot, que c’était une chance incroyable de vivre près de toi. Apollon était malheureux de ne pas t’avoir connue.

Tu avais dit que je n’étais pas sage, que je devais cesser mes gamineries. C’est vrai que, malgré mes dix-sept ans, je retombais dans ma prime jeunesse. Je riais. Pourquoi aurais-je dû renoncer à mes pitreries et me conduire en adulte ?

Tu m’avais donné ce surnom « Antéros, il famelico putto ». Tu le disais en prenant un adorable accent italien. Antéros, l’allégorie du désir amoureux. Mais lequel ? Celui de l'Amour réciproque ou, a contrario, celui de l'Amour non partagé.

Et puis, à genoux, je t’avais demandé de m’épouser.

— Que dis-tu ? Les gens comme nous ne se marient pas, voyons. Sois raisonnable. Peut-être qu’un jour, d’autres le feront sans s’attirer de sarcasmes.

C’était toujours la même réponse.

J’étais jeune, et toi, tu avais déjà tant vécu. Dans ma salopette, sous ma casquette de travers, je faisais quelques pas de danse pour te faire rire. Tout m’était jeu.

La casquette était tombée et mes cheveux coupés en brosse t’avaient fâchée. Une fantaisie qui m’était venue chez le coiffeur ; une manière de te paraître adulte. Tu me préférais avec les cheveux longs, tombant sur les oreilles. Pourquoi pas des ailes dans le dos, aussi ?

Tu t’étais assise sur le canapé en soupirant ; j’étais à tes pieds, tu m’avais caressé machinalement la tête, comme on flatte un petit chat.

Tu regardais le ciel par la fenêtre, je n’étais plus là pour toi. À quoi, à qui rêvais-tu ?

Je restais immobile à me tordre les mains. Étais-je encore dans tes pensées ? J’aurais donné ce que j’avais de plus précieux pour que tu te tournes vers moi et que tu me souris.

Je n’ai pas osé te déranger. Je demeurais là, immobile, le sourire crispé, les yeux mouillés, à attendre que tu me reviennes.







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